Dans une salle de bains, une cuisine ou une entrée, des joints tachés, creusés ou fissurés donnent vite l’impression que tout le carrelage est à reprendre. Avant de sortir grattoir et mortier, vérifiez si le problème est seulement esthétique ou si le joint a perdu sa cohésion. La nature du matériau compte aussi : un joint ciment entre les carreaux ne se répare pas comme un cordon souple au pied d’une baignoire.

Le joint est-il sale ou vraiment détérioré ?

Un joint ciment simplement grisé ou taché peut souvent être nettoyé sans être retiré. Passez d’abord une brosse souple et un produit compatible avec le carrelage, en suivant sa notice. Évitez les outils abrasifs qui creusent le mortier et les mélanges de produits ménagers : ne combinez jamais des nettoyants, en particulier ceux contenant de l’eau de Javel avec un produit acide. Pour choisir une méthode douce selon la salissure, vous pouvez nettoyer les joints sans les abîmer.

Le remplacement se justifie si le joint s’effrite au toucher, se détache par morceaux, présente des creux importants ou laisse apparaître des espaces persistants. Une fissure qui revient peut signaler un mouvement du support plutôt qu’un simple défaut de finition. Examinez aussi les carreaux : s’ils bougent ou sonnent creux, refaire uniquement les joints ne réglera pas le problème. En cas d’infiltration, de support humide ou de décollement étendu, recherchez la cause avant de refermer la surface.

Quel matériau choisir pour la reprise ?

Entre les carreaux, le mortier de jointoiement ciment est le choix habituel pour une rainure stable. Choisissez un produit compatible avec l’usage, le support, l’emplacement et la largeur du joint existant. Les indications varient selon les références : par exemple, Parexlanko présente son joint fin pour des largeurs de 1 à 6 mm et des usages intérieurs au mur, au plan de travail ou au sol. Cette plage décrit ce produit précis, elle ne permet pas de conclure que tous les mortiers conviennent à ces dimensions.

Une pâte prête à l’emploi peut être pratique pour une petite reprise, mais vérifiez qu’elle est prévue pour la zone concernée et pour le type de carrelage. Parexlanko précise que son joint en pâte est destiné à des joints de 1 à 6 mm en intérieur et qu’il peut servir en rénovation lorsque l’ancien joint a été gratté sur 3 mm. Ces valeurs sont celles de cette référence ; lisez sa fiche et sa notice avant de l’utiliser.

Le silicone, lui, forme un cordon souple dans les raccords entre surfaces, notamment aux angles ou à la jonction d’un appareil sanitaire avec le mur. Il ne remplace pas le mortier entre les carreaux et le mortier ne doit pas remplacer un joint de raccord qui doit rester souple. Pour refaire un cordon de silicone, retirez l’ancien, nettoyez et séchez les surfaces, puis appliquez un mastic sanitaire compatible. Une fiche technique de Parexlanko indique, pour son silicone carreleur, environ 12 minutes avant formation de peau et un séchage annoncé de 72 heures pour un cordon de 5 mm ; ces délais dépendent du produit et des conditions réelles.

Un joint ciment hydrofugé peut limiter l’absorption ou l’encrassement selon les performances annoncées, mais ne remplace pas le système d’étanchéité sous carrelage d’une douche. Si l’eau s’infiltre derrière le revêtement, refaire les joints visibles ne constitue pas à lui seul une réparation de l’étanchéité. Pour une pose ou une rénovation plus large, les précautions autour du support et des zones sensibles sont aussi abordées dans les erreurs à éviter sur un carrelage mural de salle de bains.

Comment retirer l’ancien joint sans abîmer les carreaux ?

Protégez le sol, la baignoire et les éléments proches. Portez des lunettes et des gants adaptés ; lors d’un grattage mécanique, limitez surtout l’inhalation de poussières. L’INRS rappelle que les poussières fines de silice cristalline peuvent être invisibles et recommande, dans les situations concernées, de réduire les émissions par des méthodes peu poussiéreuses, du captage à la source et un nettoyage adapté. Pour une reprise domestique, travaillez lentement, ventilez, aspirez au fur et à mesure avec un appareil adapté et évitez de balayer à sec.

Utilisez un grattoir à joint manuel ou un outil électrique muni d’un accessoire adapté, sans appuyer sur les arêtes des carreaux. Avancez sur une courte portion, en gardant l’outil dans l’axe de la rainure. Si les carreaux sont fragiles, anciens ou posés près d’un angle étroit, un outil manuel offre davantage de contrôle. N’arrosez pas une opération mécanique sans vérifier que l’outil et le procédé sont prévus pour le travail à l’humide.

Retirez les fragments et la poussière, puis vérifiez que les côtés des carreaux ne sont ni ébréchés ni fendus. La profondeur de dégarnissage nécessaire dépend du produit de reprise et de l’état du joint : une fine pellicule sur un fond poudreux n’est pas une base fiable. Les indications des fabricants diffèrent selon la formulation ; suivez la profondeur exigée par la notice de votre mortier ou de votre pâte. Ne cherchez pas à aller plus profond si cela risque d’endommager le support ou une membrane d’étanchéité.

Comment appliquer le mortier de jointoiement ?

Préparez seulement une quantité que vous pouvez appliquer dans le temps indiqué. Pour une poudre, mesurez l’eau et respectez l’ordre de mélange précisé sur le sac ; n’ajoutez pas d’eau à un mortier qui commence à durcir. Les temps peuvent changer avec la température et le produit. À titre d’exemple, la fiche Weber de webercol & joint annonce une durée pratique d’utilisation de 4 heures et un temps d’attente de 24 heures environ avant jointoiement avec un autre mortier, à +20 °C. Elle précise aussi que le froid allonge ces délais et que la chaleur les réduit : ce sont des données propres à cette fiche, pas un calendrier valable pour toutes les rénovations.

Étalez le mortier avec une raclette en caoutchouc, en diagonale par rapport aux lignes de carreaux, pour garnir les rainures sans laisser de vides. Procédez par petites zones et contrôlez que le matériau remplit bien le fond. Lorsque le mortier commence à tirer selon sa notice, passez une éponge propre légèrement humide, souvent rincée, sans creuser le joint. Trop d’eau peut délaver la surface ou modifier l’aspect ; n’inondez pas le carrelage. Essuyez la laitance résiduelle au moment recommandé par le fabricant, puis laissez sécher sans sollicitation.

Pour le silicone, ne reprenez pas la technique du mortier : déposez un cordon régulier dans le raccord préparé et lissez-le selon les indications du mastic. Masquer un ancien cordon décollé par-dessus n’est pas une réparation durable. Aux abords d’une douche, la zone doit rester sèche pendant la durée prescrite ; le temps de formation de peau n’est pas forcément le délai avant remise en eau.

Comment vérifier le résultat et éviter une nouvelle dégradation ?

Une fois le délai de séchage respecté, vérifiez que le joint est continu, de hauteur régulière et bien accroché sur ses bords. Il ne doit pas s’effriter sous une pression légère ni présenter de manque, de trou ou de fissure. Une différence de teinte peut venir du produit choisi, d’un dosage irrégulier ou d’un séchage inégal : comparez l’aspect après séchage complet, pas pendant la prise.

Inspectez à nouveau les raccords souples et les zones exposées à l’eau après usage. Si une fissure réapparaît rapidement, si l’humidité persiste ou si plusieurs carreaux bougent, ne multipliez pas les couches de finition : il faut examiner le support et l’étanchéité. Un joint neuf améliore la finition et protège les interstices dans les limites de son rôle, mais ne corrige ni une pose instable ni une fuite située derrière le carrelage.

Pour les autres travaux de la maison, retrouvez des repères dans la rubrique aménagement et travaux.

Questions fréquentes

Peut-on refaire les joints de carrelage sans enlever les anciens ?

Évitez de recouvrir un joint friable, décollé ou contaminé : la couche neuve adhérerait à un support instable et risquerait de se détacher. Certains produits de rénovation acceptent une préparation moins profonde, mais uniquement selon leur notice. À titre d’exemple, Parexlanko indique que son joint en pâte peut servir en rénovation après grattage de l’ancien joint sur 3 mm. Ce chiffre est propre à ce produit, pas une règle universelle.

Combien de temps attendre avant d’utiliser la douche ?

Le délai dépend du mortier ou du mastic, de la température, de l’humidité et de l’épaisseur appliquée. Ne vous fiez pas à un délai générique : consultez l’emballage et la fiche technique du produit choisi, en distinguant le temps de séchage du temps avant remise en eau. Pour une douche, gardez la zone sèche jusqu’à ce que le fabricant autorise explicitement le contact avec l’eau.

Faut-il refaire tous les joints si un seul est abîmé ?

Pas nécessairement. Si le défaut est isolé et que les joints voisins sont durs, adhérents et sans fissure, une reprise locale peut suffire. En revanche, des dégradations répétées, une fissure qui revient ou une humidité persistante peuvent signaler un problème plus général, par exemple un support qui bouge ou une étanchéité défaillante. Dans ce cas, traiter seulement la surface ne résout pas la cause.